Brillant dans sa discipline, désarmé face à la classe.
Nouvelle rentrée scolaire.
Comme chaque année, de nouvelles têtes apparaissent : de jeunes enseignants en début de carrière, ou des collègues qui ont changé de région et débarquent dans notre établissement.
Je discute alors avec Marc (prénom d’emprunt), le nouveau prof de sciences.
Il m’apprend qu’il a fait deux doctorats en chimie.
Impressionné, je lui pose quelques questions sur ses travaux de recherche…
Je ne comprends pas la moitié de ses réponses tant c’est pointu.
Ces scientifiques capables de creuser le même sujet pendant des années me fascinent.
Quelques semaines passent.
Puis, en salle des maîtres, les premières rumeurs circulent : Marc a des soucis avec ses classes.
En passant devant sa salle, malgré la porte fermée, j’entends les cris.
Ceux des élèves.
Et, plus forte encore, la voix de Marc.
Je me dis que je devrais peut-être aller lui parler, lui proposer deux ou trois pistes.
Mais la semaine n’est même pas terminée que j’apprends son départ.
C’est triste.
Triste pour lui, d’abord : il a sûrement souffert, et je ne suis pas certain qu’il ait poursuivi dans l’enseignement obligatoire.
Triste pour les élèves, surtout : ils n’ont pas réalisé la chance qu’ils avaient d’avoir un professeur aussi brillant dans sa discipline.
Marc était extrêmement compétent… mais il avait de gros problèmes d’autorité.
Et il n’est pas un cas isolé. Je suis sûr que tu en connais d’autres.
Pourquoi je te parle de cette situation ?
Car un enseignant peut être très bon dans son domaine, mais sans autorité et une gestion de classe efficace, il ne pourra jamais transmettre son savoir.

Source : oecd.org / Image de freepik
« La compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence. »
Gustave le bon (sociologue franÇais)
Entrons maintenant dans le vif du sujet.
Alors, comment font les enseignants pour avoir de l’autorité en classe ?
L’histoire de Marc m’a longtemps travaillé.
Pourquoi certains enseignants — même très brillants — perdent pied, alors que d’autres parviennent à garder une classe calme sans (presque) jamais élever la voix ?
Pour répondre à ces questions, j’ai décidé d’aller demander directement aux premiers concernés : ceux qui, au quotidien, réussissent à tenir leur classe sans crier.
J’ai donc contacté 15 profs qui nous donnent leurs meilleures astuces : des collègues de terrain, avec des années d’expérience, des styles très différents, mais un point commun…
Ils ont tous développé des méthodes simples, efficaces, et surtout applicables dès demain matin dans ta classe.
Dans les lignes qui suivent, tu vas découvrir leurs conseils les plus précieux.
La meilleure partie arrive maintenant.
L’autorité sans crier, voici les stratégies de 15 profs
À toi maintenant de piocher, d’adapter… et de transformer ta présence en classe sans hausser la voix.
À la fin de l’article, tu pourras télécharger un résumé PDF avec les 15 astuces.
Prends une grande inspiration.
C’est parti.
Astuce N°1 d’Amandine, du blog la-legerete-des-lettres.com
ÉVITER LES REACTIONS À CHAUD.
Il arrive que certains élèves nous poussent à bout.
D’ailleurs, un même comportement n’aura pas forcément le même impact sur l’enseignant suivant l’élève, la classe, ce qui s’est passé dans la journée, notre état de fatigue, voire même suivant le menu du midi…
Dans ces moments, il est facile de « craquer » et de dire ou faire des choses qui n’auront aucune conséquence positive, ni pour l’élève concerné, ni pour la classe, ni pour nous-même.
Dans la mesure du possible, il faut pouvoir montrer son désaccord sur le comportement constaté, et différer la prise de décision…
(« M… je ne peux pas accepter que tu prennes systématiquement la parole sans lever la main : tu m’interromps et tu empêches tes camarades de travailler correctement. On en reparlera plus tard. »)
Je suis adepte du « kidnapping » d’élève à la fin du cours, voire même, pendant le cours d’un collègue (avec son accord) quand c’est grave.
Par exemple, si un geste violent a été donné à la sortie de mon cours et que je n’ai pas pu rattraper l’auteur des faits, je m’arrange pour que le collègue qui l’a au cours suivant me l’envoie pour pouvoir mettre les choses au clair avec lui.
Je dirais que dans la mesure du possible, il faut éviter les « clash » dont la classe devient spectatrice (plus ou moins « complice » du fauteur de troubles), sans rien laisser passer non plus, au risque de laisser penser que l’on accepte ce qui ne doit pas l’être.
D’autres ressources sur les comptes Instagram et Facebook d’Amandine.
Astuce N°2 de Maximilien, du blog maxiprof.eklablog.com
Mon meilleur conseil pour avoir de l’autorité en classe sans crier est de manier l’humour.
Depuis toujours, j’ai appris que l’humour et la légèreté permettent de désamorcer des conflits naissants ou des situations de crise.
Bien sûr, il faut faire attention et bien cerner les personnalités des élèves mais souvent un trait d’humour permet d’apaiser et d’entrer dans la discussion.
Le fait d’être dans la légèreté me permet aussi de montrer que quand il faut être sérieux, moi même je le suis et les élèves ont tendance à me suivre et comprendre cela.
Idem quand je suis malade… bizarrement l’autorité se fait naturellement, car ils sont dans la compassion et ne me voient pas dans mon état normal ce qui est étonnant pour eux.
En résumé, être jovial, passionné et dans l’humour permet d’asseoir son autorité naturellement.
Astuce N°3 de Marie-Andrée Paré, du blog magestiondeclasse.com
Selon moi, le meilleur moyen pour parvenir à installer notre autorité sans crier (ni perdre le contrôle) est de rester aligné avec nos valeurs et déterminer un mode de fonctionnement qui nous représente.
Nous sommes des individus avant d’être des enseignants.
Nous devons choisir les valeurs que nous souhaitons mettre de l’avant dans notre classe, déterminer les comportements attendus en fonctions de ces valeurs, établir des règles claires et des conséquences éducatives avec lesquelles nous serons à l’aise de travailler.
Si la trajectoire établie nous représente, nous serons plus cohérents et constants dans nos interventions et les élèves adhèreront davantage au milieu de vie que nous tentons d’instaurer.
Nous aurons, par conséquent, installé une autorité bienveillante tout naturellement sans passer par la « force », les cris, les punitions et les menaces.
D’autres ressources disponibles sur la page Facebook de Marie-Andrée.
Astuce N°4 de Stéphanie, du site etreprof.fr
Ma classe est une équipe, mais c’est aussi (et surtout) un grand chantier permanent : j’ai toujours plusieurs projets qui s’entrechoquent et des élèves travaillant à plusieurs.
C’est, par moment, un grand bazar, mais un grand bazar organisé, avec un cadre serré par nécessité.
Pour que cette fourmilière fonctionne, les règles sont absolument nécessaires.
La classe peut être vue comme une communauté d’apprenants qui interagissent. Les interactions entre les élèves sont source d’apprentissage.
Elles ont besoin d’être structurées :
– Les règles peuvent être construites ensemble.
– Le règlement ne doit pas être trop compliqué à mettre en œuvre, il doit être applicable.
– Donner explicitement aux élèves les attentes (ou les créer avec eux). Des grilles d’auto-évaluation peuvent être proposées.
– Poser le cadre temporel : donner un temps d’exécution attendu pour chaque étape, utiliser un timer visible.
– Poser un cadre sonore : on peut utiliser un sonomètre, mettre un responsable du niveau sonore de la classe.
– Équilibrer les temps d’échanges et les temps de recherches, les temps d’expression collective.
Poser le cadre d’apprentissage a pour objectif de rassurer les élèves et d’assurer les conditions nécessaires pour apprendre dans cette communauté.
Si l’élève se sent membre d’une communauté, il comprend aisément la nécessité de respecter un certain nombre de règles de communication : savoir dire, savoir écouter, être calme, gage de la construction d’une juste autorité.
Article complet ici.
Astuce N°5 de Frédérique, de Bien-être enseignant
Le conseil que je pourrais donner est de mettre en place les fameux rituels et de s’y tenir (entrée dans le calme, dire bonjour, lever la main, etc), des habitudes simples mais indispensables.
Ça commence dès le couloir.
Plus de ressources sur la page Instagram de Frédérique.

Image de gpointstudio sur Freepik
Astuce N°6 de Claudine, de Prof au secondaire
À l’université, on nous parlait de gestion de classe souvent en termes de règles, de conséquences, de routines.
Et c’est vrai que c’est super important d’instaurer des routines.
Mais pour moi, tout commence bien avant ça.
La clé, c’est la préparation : être en mode proactif.
Quand j’entre dans ma classe, je sais exactement où je vais, ce que je veux faire vivre aux élèves et comment je vais les amener là.
J’arrive à l’avance, je prépare mon matériel et j’inscris mon menu de la période au tableau.
J’ai aussi pensé à ce qui pourrait mal se dérouler et j’ai un plan B.
Je pense à leurs interrogations, à ce qui pourrait être plus difficile à comprendre et je prévois des choix, des parcours différents pour les motiver à s’impliquer dans les tâches.
Préparer, c’est créer un espace clair, sécurisant, cohérent où l’élève sent qu’il peut apprendre sans se perdre dans le flou ou l’imprévu.
Cette préparation et cette flexibilité ont eu des répercussions directes sur ma gestion de classe.
Aussi, au cœur de mon enseignement, la relation avec les élèves est primordiale.
Je dirais même qu’elle est au centre, avant même la meilleure préparation au monde !
Je m’intéresse à eux, j’observe leurs comportements et je perçois rapidement si c’est une bonne ou une mauvaise journée.
Je tends des perches, je questionne, je reste dans la bienveillance.
Parfois, ils ne veulent pas parler, mais juste le fait qu’ils savent que j’ai remarqué, ils s’assouplissent et se mettent à la tâche.
Encore là, le but est d’éviter l’escalade.
Si je sens que la classe est tendue ou qu’un malaise persiste, on en parle.
Sinon, le climat n’est pas propice à l’apprentissage.
D’autres ressources sur la page Instagram de Claudine.
Astuce N°7 de Julie, du blog uneboitedepandore.com
Mon meilleur conseil, je pense, serait de créer une routine dès l’entrée en classe.
Cela permet de mettre les élèves au travail dès le début et de se concentrer rapidement.
Par exemple, ma routine depuis plusieurs années est une phrase dictée.
Sitôt l’appel fait, je commence à dicter ma phrase. Je la dicte plusieurs fois si bien que les élèves se taisent de suite et ont le temps de sortir leurs affaires et de se mettre au travail. Ils et elles écrivent, nous la corrigeons, nous expliquons et je peux ensuite lancer l’activité prévue pour l’heure.
Plus tard, si c’est compliqué avec les élèves, qu’ils et elles sont énervés ou bavards, j’arrête le cours, je les fais se lever et respirer un grand coup.
Je leur explique que c’est normal de décrocher à certains moments mais qu’il faut encore un peu travailler.
Je n’hésite pas à les encourager, à leur dire que je suis fière d’elles et eux.
C’est important de le verbaliser, ça met un coup de boost à leur égo et ça les motive.
Parfois, avec certaines classes, nous mettons au point un geste pour prévenir qu’il y a de l’abus.
Nous nous mettons d’accord sur ce geste ensemble, si bien que tout le monde peut l’utiliser quand on est gêné par le bruit par exemple : un poing levé, une main qui bouge de façon circulaire…
Cela envoie un signal silencieux aux autres et je pense que c’est là le/mon secret : être attentif/attentive au bien-être de toutes et tous.
Astuce N°8 de Michela, du blog profmichelle.com
Pour favoriser la concentration des élèves et limiter les distractions, j’adopte une approche basée sur des activités collaboratives et chronométrées.
Cette méthode repose sur la création d’une compétition en équipes, conçue pour être à la fois ludique et stimulante.
Chaque élève reçoit une fiche individuelle à compléter, généralement axée sur des aspects lexicaux. L’activité se déroule en manches successives, chacune avec un temps limité.
À chaque manche, les équipes reçoivent un ensemble d’images numérotées ou de documents spécifiques, indispensables pour compléter une partie de la fiche.
Cette organisation encourage la coopération et la répartition des tâches au sein du groupe.
À la fin de toutes les manches, chaque élève dispose d’un document lexical complet, fruit du travail collectif et des échanges entre pairs.
Cette stratégie s’avère particulièrement efficace pour maintenir l’attention et réduire le bruit en classe.
Même les élèves les plus fragiles, souvent attirés par le jeu et les défis, participent avec enthousiasme.
Ainsi, l’apprentissage devient une expérience engageante et inclusive.
Astuce N°9 de Tanya et Caroline, du blog deuxprofscrinquees.com
Voici, en toute humilité, nos « conseils » pour une gestion de classe efficace et, SURTOUT, sans crier. 😉
Gérer une classe sans élever la voix, c’est possible et ça commence dès septembre !
D’abord, nous établissons un cadre clair et nous créons rapidement un lien solide avec nos élèves.
Ensuite, nous misons sur notre prestance, notre regard et notre non verbal assuré pour guider notre groupe.
Un ton posé, mais affirmé, fait toute la différence, tout comme des routines claires et constantes.
Nous privilégions la responsabilisation plutôt que la punition et nous valorisons les comportements positifs avec des affirmations encourageantes.
La rigueur demeure essentielle, tout comme la transparence : au 3e cycle, exprimer notre ressenti face à leurs choix aide les élèves à mieux comprendre l’impact de leurs actions.
C’est ainsi que nous bâtissons un climat où respect et collaboration priment sans jamais avoir besoin de crier !
D’autres ressources sur les pages Instagram et Facebook de Tanya et Caroline.
Astuce N°10 d’Emmanuel, du blog enseigne-autrement-coaching.sumupstore.com
Voici mes conseils pour être un prof charismatique et avoir de l’autorité de classe :
– Poser un cadre clair, c’est poser aussi une règle d’or : dans ma classe, l’autorité rime avec respect mutuel.
– Je parle peu, je parle bas, mais je regarde chaque élève comme une personne à part entière ; la considération que je leur donne nourrit celle qu’ils me renvoient.
– Et pour obtenir une autorité solide et naturelle, je commence par me connecter à eux : apprendre leurs prénoms, écouter leurs réalités, créer un climat où ils se sentent écoutés et qui plus est en sécurité.
Plus de ressources sur la page Instagram d’Emmanuel.
Astuce N°11 de Claire, du blog pierrecarree.fr
Il me semble qu’un des grands dangers de la recherche d’autorité, c’est l’autoritarisme : dès lors qu’on se donne des règles indéboulonnables, je crois qu’on risque de basculer vers ce biais délétère pour l’enseignant comme pour les élèves.
Car dans la vie de la classe, rien n’est simple, pas grand chose n’obéit à une logique algorithmique transférable avec toutes et tous et tout le temps.
Je pense donc qu’un bon conseil à moi-même est de rester souple intellectuellement, pour m’adapter au mieux aux circonstances : si un comportement me dérange, me gêne, ne me semble pas acceptable pour garantir un climat de travail et de confiance ou nuit à des élèves, je réagis.
Parfois de façon immédiate, souvent en marquant le coup et en annonçant que nous reviendrons sur l’incident, et je diffère pour avoir le temps de réfléchir, voire de me calmer.
Mais mon premier conseil à moi-même c’est de rester sans cesse vigilante : circonscrire les écarts de comportement au plus tôt, ne pas laisser s’amplifier des tensions, verbaliser les difficultés des uns et des autres (les miennes aussi), responsabiliser les individus et le groupe et garder la tête froide, au maximum.
Pas fastoche, mais efficace.
Astuce N°12 d’Amanda, du réseau Esclaibes International Schools
Amanda Ceselia, enseignante depuis 10 ans dans le public et le privé hors contrat, responsable pédagogique du réseau Esclaibes International Schools, est convaincue que « « l’autorité » en classe passe par le fait de construire une autorité relationnelle, stable et profondément éducative.
Dans une classe, l’autorité la plus solide n’est ni imposée ni arrachée.
Elle se tisse dans le lien, au quotidien, à travers la manière dont l’adulte accompagne l’enfant, lui parle, le regarde et le considère.
Un enfant respecte l’autorité d’un adulte lorsqu’il sent que cet adulte est un repère fiable, présent pour le soutenir, le protéger et l’aider à grandir.
C’est ce que j’appelle l’autorité relationnelle : une autorité qui ne s’exerce pas contre l’enfant, mais avec lui, dans un cadre clair, juste et maîtrisé ».
Astuce N°13 de Noémie, de l’école bilingue internationale Esclaibes de Paris 16
Noémie Girault, enseignante depuis 6 ans en maternelle, notamment avec les enfants de 2-3 ans, tranche d’âge parfois qualifié de « terrible two » à l’école bilingue internationale Esclaibes de Paris 16, estime, elle aussi, qu’il faut avant tout créer une relation de confiance avec les enfants.
« Un enfant écoute s’il se sent entendu et en confiance avec l’adulte. S’il a peur de l’adulte, il obéira de peur d’être disputé, mais pas forcément parce qu’il a compris la règle. Il risque donc de recommencer.
Les débuts d’années scolaires sont donc fondamentaux pour moi : c’est le moment où l’on apprend à se connaître et il est important d’instaurer un climat de confiance dans la classe, qui restera toute l’année.
Lorsque qu’un·e nouvel·le enseignant·e ou professionnel·le arrive, on lui dit souvent : « l’enfant te teste ».
En effet, il teste les règles mais surtout la confiance qu’il peut avoir en cet adulte.
Est il fiable ?
Puis-je compter sur lui ?
Personnellement, je ne veux pas des enfants qui m’obéissent, je veux des enfants qui font avec moi, parce qu’ils apprécient passer du temps avec moi. »
Son deuxième conseil porte sur le cadre : un enfant a besoin de limite, d’un cadre clair et défini.
« C’est important de définir les règles ensemble et que l’enfant puisse les comprendre. J’aime souvent parler de règle « négociable », qui peuvent être discutées, qui peuvent évoluer avec le temps et de « règle non-négociable », qui ne changeront jamais (taper, pousser, etc.). Un enfant se sentira plus en sécurité, confiant dans un cadre qu’il connait. Certains enfants testent ces règles-là, puis une fois le cadre trouvé, se retrouve rassurés. »
Le troisième conseil de Noémie concerne la notion de modèle que représente l’adulte pour l’élève.
« J’essaie d’être le plus possible dans une relation horizontale – chacun a le droit de s’exprimer et l’adulte ne détient pas tout le savoir et non une relation verticale – je sais tout, je décide, les enfants obéissent.
Les règles sont établies ensemble.
Il est essentiel qu’elles aient du sens pour les enfants si l’on veut qu’ils les respectent.
Et il est important que nous, en tant qu’adulte, nous les respections.
Ne demandons pas aux enfants de faire ce dont nous ne sommes pas capables en tant qu’adultes. »
Astuce N°14 d’Elsa, du blog Mes Petits Curieux
Elsa Boulet, professeur des écoles pendant 17 ans en REP+, en élémentaire et maternelle, créatrice du blog Mes Petits Curieux, également sur Instagram et YouTube n’a jamais réussi à appliquer les solutions à base de tableaux de comportement avec des couleurs, de bons points et images, etc.
« J’ai un peu tout essayé pendant des années : le cadre bien sûr, la façon d’amener les apprentissages pour que les enfants s’intéressent, l’énergie déployée pour les embarquer, telle une actrice sur une scène de théâtre, toute proportion gardée, le respect toujours.
Mais je sentais qu’il manquait quelque chose.
En me formant en Montessori 3-6 ans, j’ai énormément appris sur le développement de l’enfant.
En parallèle, je me suis aussi intéressée aux résultats des recherches en neurosciences. Et j’ai changé ma posture.
J’ai changé cette vision de l’enfant qui m’avait été transmise par les générations avant moi et la société.
Non, l’enfant n’est pas là pour nuire à l’adulte, pour l’embêter. Non, il ne fait pas de caprice. Oui, il a des capacités bien plus grandes que ce que la majorité des adultes croient.
Cette relation de confiance que j’ai toujours essayé d’établir avec chaque élève (et si possible ses parents), je l’ai enrichie de compréhension et d’accueil des émotions, celles des enfants et les miennes, d’adaptation au rythme et à la singularité de chacun et donc d’un respect élargi.
Pas de pression, mais de la valorisation avec un objectif prioritaire : que les enfants soient heureux de venir à l’école.
Cela m’a pris du temps, j’ai crû que l’autorité était indispensable, mais je n’aime pas ce mot (encore moins autoritarisme).
Et si l’on doit l’employer, je parlerai de l’autorité naturelle qui se met en place quand on adopte une posture bienveillante, celle d’un guide d’enfant.
On devient de fait, un de leurs référents.
Attention, pas de recettes miracles. Certains enfants souffrent tellement (quelle que soit l’origine de leurs troubles), que cette posture ne suffira pas à les accompagner sereinement à toute heure de la journée.
Et cette posture reste difficile à maintenir avec des effectifs trop lourds, trop d’enfants porteurs de troubles du développement et la fatigue qui en découle. »
Astuce N°15 de Tiphaine, de @laviedemaitresses
Avoir de l’autorité en classe sans crier, ce n’est pas une question de voix, mais de posture.
Selon moi, cela passe d’abord par la confiance : montrer de la bienveillance, écouter les élèves, tout en posant des limites claires et constantes.
Les enfants doivent se sentir en sécurité, mais aussi savoir jusqu’où ils peuvent aller.
L’autorité repose aussi sur l’action : menacer une sanction sans jamais l’appliquer fait perdre toute crédibilité.
Dire, puis faire, avec cohérence, permet aux élèves de comprendre que les règles ont un sens.
Pour instaurer le silence et un climat de classe apaisé, il est essentiel de mettre en place des stratégies positives : chansons, rituels, consignes comme “se mettre dans sa bulle”, puis proposer un moment ludique (comme faire des bulles en classe) une fois le calme retrouvé.
Cela encourage la coopération plutôt que la contrainte.
L’enseignant obtient le calme, sans crier, et les enfants une petite « récompense ».
Enfin, expliquer plutôt que crier est fondamental.
L’enfant a besoin de verbaliser et de comprendre le pourquoi des règles.
Une autorité basée sur la compréhension et le dialogue est bien plus efficace et durable qu’une autorité fondée sur la peur.
Plus de ressources de Tiphaine sur Instagram.
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Et toi ? Quelle est ton astuce préférée pour avoir de l’autorité en classe… sans crier ? Partage-la en commentaire.

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